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Février 2012
Communiqués de presse
mardi 29 mars 2011
Financement des PME : tout va très bien, Madame la Marquise
Un projet de rapport de l’Observatoire du Financement des Entreprises, opportunément dévoilé à la presse avant même d’être validé par ses membres, se veut rassurant sur les fonds propres des PME et conclut à "un financement satisfaisant des PME pendant la crise".
Une banque ne dirait pas mieux. Bon nombre de chefs d’entreprise vont en tomber de leur chaise.
Qu’ils se rassurent. Il ne s’agissait de leur part que "de craintes nourries par le peu de statistiques financières quantitatives disponibles dans le court terme" (sic).
Ce même rapport, tirant donc des conclusions définitives à partir de moins de 10% d’entreprises réalisant plus de 750 k€ de CA et ayant déposé leurs comptes fin 2009 auprès de la Banque de France, reconnaît pourtant que "la bonne tenue des fonds propres des PME s’explique principalement par un comportement de précaution des entrepreneurs se traduisant par une plus forte mise en réserve du résultat".
Et le rapport de poursuivre "pour être clair, il est vraisemblable que le choc économique a contraint nombre de chefs d’entreprise à des mesures qu’ils jugeaient nécessaires à la survie de leur entreprise mais qui devront être revues impérativement dans un scénario de reprise".
Curieux hasard, à la même période en janvier 2010, le Baromètre du financement et de l’accès au crédit des PME réalisé par l’IFOP pour la CGPME et KPMG, relevait que 44% des PME interrogées réduisaient leurs investissements … en raison des difficultés d’accès au crédit.
C’est également à cette même période qu’on enregistrait un pic de défaillances d’entreprises.
Si l’on peut faire mentir les chiffres, la réalité, elle, ne trompe pas : fin 2009 les entreprises qui ne faisaient pas de résultat ont connu, faute de soutien des banques, les pires problèmes. Quant aux autres, face aux difficultés d’accès au crédit, près de la moitié d’entre elles renonçaient à investir et préféraient remonter les résultats aux fonds propres, ce qui a effectivement permis de renforcer leur haut de bilan.
Doit-on s’en réjouir à coup de trompettes ?
Tout va très bien, Madame la Marquise.




